La plupart des portefeuilles reposent sur trois grandes catégories d’actifs : les actions, les obligations et les liquidités.
Chacune remplit une fonction différente. Les actions offrent un potentiel de croissance. Les obligations peuvent générer un revenu et réduire les fluctuations. Les liquidités procurent de la stabilité et un accès rapide à votre argent.
L’objectif n’est pas de déterminer quelle catégorie est toujours la meilleure. Aucune ne convient à toutes les situations. La véritable question consiste à choisir une proportion de chaque catégorie adaptée à vos objectifs, à votre horizon et à votre capacité d’accepter des pertes.
Comprendre leurs différents rôles permet de construire un portefeuille que vous pourrez conserver pendant les bonnes comme les mauvaises périodes.
Note avant de commencer : Cet article fournit de l’information générale à des fins éducatives sur les actions, les obligations, les liquidités et la répartition de l’actif. Il ne constitue pas un conseil financier ou une recommandation de placement personnalisée. La répartition appropriée dépend de vos objectifs, de votre horizon, de votre situation financière et de votre capacité à tolérer le risque.
Actions, obligations et liquidités en un coup d’œil
| Catégorie d’actifs | Rôle principal | Principal avantage | Principal risque | Souvent adaptée aux |
|---|---|---|---|---|
| Actions | Croissance à long terme | Potentiel de croissance le plus élevé des trois catégories | Baisses importantes et imprévisibles | Objectifs à long terme |
| Obligations | Revenu et stabilité | Généralement moins volatiles que les actions | Risques de taux d’intérêt, d’inflation et de crédit | Objectifs à moyen et long terme |
| Liquidités et quasi-liquidités | Préservation et accessibilité | Stabilité et accès rapide à l’argent | Perte de pouvoir d’achat causée par l’inflation | Fonds d’urgence et objectifs à court terme |
Ces caractéristiques sont générales et ne constituent pas des garanties. Une action, une obligation, un fonds ou un produit de trésorerie particulier peut se comporter différemment.
Qu’est-ce qu’une action?
Une action représente une participation dans une entreprise.
Lorsque vous détenez des actions, votre placement peut produire un rendement de deux façons :
- La plus-value : le cours de l’action augmente.
- Les dividendes : l’entreprise distribue une partie de ses bénéfices aux actionnaires.
Aucune de ces sources de rendement n’est garantie. Une entreprise peut réduire son dividende, son action peut perdre de la valeur ou l’entreprise peut faire faillite.
Pourquoi détenir des actions?
Les entreprises peuvent augmenter leurs revenus, leurs bénéfices et leur valeur au fil du temps. Les actionnaires participent à cette croissance.
Les actions jouent donc un rôle important pour les objectifs à long terme, comme la retraite. Elles offrent un potentiel de croissance supérieur à celui des obligations ou des liquidités, mais elles s’accompagnent d’une plus grande incertitude.
Le marché boursier peut connaître des baisses importantes pendant une récession, une crise financière ou une période d’incertitude. Même un portefeuille d’actions diversifié peut perdre beaucoup de valeur sur une courte période.
Les marchés se sont remis des baisses précédentes, mais le moment et l’ampleur d’une reprise future ne sont jamais garantis.
Actions individuelles ou fonds d’actions?
Acheter les actions d’une seule entreprise vous expose directement aux résultats de cette entreprise. Un mauvais lancement de produit, un problème comptable, une nouvelle concurrence ou une mauvaise gestion peuvent provoquer une perte permanente.
Un fonds indiciel ou un fonds négocié en bourse largement diversifié peut détenir des centaines ou des milliers d’entreprises. La faillite d’une seule société a alors beaucoup moins d’effet sur l’ensemble du portefeuille.
La diversification ne protège pas contre toutes les baisses du marché. Elle réduit toutefois le risque de trop dépendre d’une entreprise, d’un secteur ou d’un pays.
Pour approfondir ce sujet, consultez notre guide expliquant comment diversifier votre portefeuille au Canada.
Les principaux risques des actions
Les actions exposent les investisseurs à plusieurs risques :
- Risque de marché : l’ensemble du marché peut baisser.
- Risque d’entreprise : une entreprise peut perdre de l’argent ou faire faillite.
- Risque de concentration : une trop grande partie du portefeuille peut dépendre d’une seule entreprise, d’un secteur ou d’un pays.
- Risque de change : la valeur en dollars canadiens des placements étrangers peut varier avec les taux de change.
- Risque comportemental : l’investisseur peut paniquer et vendre après une baisse.
Le cours d’une action peut fluctuer beaucoup plus rapidement que la situation fondamentale de l’entreprise. Cette volatilité représente une partie du prix à payer pour obtenir un potentiel de croissance à long terme.
Qu’est-ce qu’une obligation?
Une obligation représente essentiellement un prêt consenti par un investisseur à un gouvernement, une entreprise ou un autre organisme.
Lorsque vous achetez une obligation conventionnelle, l’émetteur promet généralement de :
- Vous verser des intérêts selon les modalités de l’obligation.
- Vous rembourser la valeur nominale de l’obligation à son échéance.
Contrairement à l’actionnaire, le détenteur d’une obligation ne possède pas une partie de l’organisation. Il agit comme prêteur.
Pourquoi détenir des obligations?
Les obligations remplissent généralement trois fonctions :
- produire un revenu d’intérêt;
- réduire les fluctuations globales du portefeuille;
- fournir une source potentielle de fonds lorsque les marchés boursiers reculent.
Les obligations de qualité élevée fluctuent habituellement moins que les actions. Leur valeur n’est toutefois pas fixe. Elles peuvent perdre de la valeur et certains émetteurs peuvent manquer à leurs obligations.
Pourquoi la valeur des obligations change-t-elle?
La valeur des obligations existantes et les taux d’intérêt du marché évoluent généralement en sens opposé.
Supposons que vous détenez une obligation offrant un taux de 3 %. Si de nouvelles obligations comparables commencent à offrir 5 %, les investisseurs seront moins disposés à payer le plein prix pour votre obligation à 3 %. Sa valeur marchande diminuera généralement.
À l’inverse, si les nouvelles obligations comparables offrent seulement 2 %, votre obligation à 3 % devient plus intéressante et peut prendre de la valeur.
La sensibilité varie selon plusieurs facteurs. L’Autorité des marchés financiers explique notamment que les obligations dont l’échéance est plus longue sont généralement plus sensibles aux variations des taux d’intérêt dans son guide sur les titres d’emprunt.
Les principaux risques des obligations
Les obligations peuvent présenter les risques suivants :
- Risque de taux d’intérêt : leur valeur peut diminuer lorsque les taux du marché augmentent.
- Risque de crédit : l’émetteur peut ne pas verser les intérêts ou rembourser le capital.
- Risque d’inflation : les intérêts reçus peuvent ne pas suivre l’augmentation du coût de la vie.
- Risque de réinvestissement : les intérêts ou le capital pourraient devoir être réinvestis à un taux inférieur.
- Risque de liquidité : certaines obligations peuvent être difficiles ou coûteuses à vendre avant l’échéance.
Les obligations gouvernementales et les obligations de sociétés ne présentent pas les mêmes risques. Lorsqu’une obligation offre un rendement plus élevé, c’est généralement parce que les investisseurs exigent une compensation pour accepter un risque supplémentaire.
Obligations individuelles ou fonds d’obligations?
Une obligation individuelle possède normalement une date d’échéance déterminée. Si vous la conservez jusqu’à cette date et que l’émetteur respecte ses engagements, vous récupérez sa valeur nominale.
Un fonds d’obligations ou un FNB obligataire conventionnel fonctionne différemment. Il détient de nombreuses obligations et remplace continuellement celles qui arrivent à échéance ou qui ne correspondent plus à son mandat. Le fonds ne possède généralement pas une date d’échéance unique, et sa valeur marchande fluctue.
Cela ne signifie pas que les fonds obligataires sont inadéquats. Ils simplifient la diversification et la gestion du portefeuille. Cependant, il ne faut pas présumer qu’un FNB obligataire se comporte exactement comme une obligation individuelle conservée jusqu’à son échéance.
Certains FNB d’obligations à échéance cible constituent une exception, puisqu’ils sont conçus pour prendre fin autour d’une année déterminée.
Que sont les liquidités et les quasi-liquidités?
Dans un portefeuille, le terme « liquidités » peut comprendre davantage que les billets de banque ou l’argent conservé dans un compte chèques.
Les liquidités et quasi-liquidités peuvent comprendre :
- les comptes d’épargne;
- les comptes d’épargne à intérêt élevé;
- les dépôts encaissables;
- les fonds du marché monétaire;
- les bons du Trésor;
- les certificats de placement garanti à court terme.
Ces produits ne sont pas identiques. Leur accessibilité, leurs garanties, leurs taux d’intérêt, leurs frais et leur traitement fiscal peuvent différer.
Pourquoi conserver des liquidités?
Les liquidités offrent trois avantages principaux :
- L’accessibilité : elles sont généralement disponibles rapidement.
- La stabilité nominale : leur valeur en dollars ne fluctue normalement pas comme celle des actions ou des obligations.
- La prévisibilité : elles peuvent financer une dépense connue sans dépendre de l’état des marchés.
Les liquidités conviennent bien aux fonds d’urgence et aux sommes requises dans un avenir rapproché. Elles peuvent vous éviter de vendre des placements pendant une baisse des marchés.
Le risque moins visible des liquidités
Les liquidités semblent sûres parce que le solde d’un compte ne diminue normalement pas. Elles restent toutefois exposées à l’inflation.
Lorsque les prix augmentent plus rapidement que les intérêts gagnés, chaque dollar permet d’acheter moins de biens et de services. La Banque du Canada explique que l’inflation réduit le pouvoir d’achat de l’argent et de l’épargne.
Les liquidités peuvent donc être adaptées aux besoins à court terme, mais elles sont généralement moins efficaces comme seul actif pour un objectif situé dans plusieurs décennies.
Où se situent les CPG?
Un certificat de placement garanti, ou CPG, est généralement considéré comme une quasi-liquidité ou un placement à revenu fixe. Vous déposez une somme pour une période convenue et recevez des intérêts selon les modalités du produit.
Certains CPG peuvent être encaissés avant l’échéance. D’autres immobilisent votre argent jusqu’à leur date d’échéance. Les CPG liés aux marchés peuvent aussi calculer le rendement différemment des CPG conventionnels à taux fixe.
Les CPG admissibles détenus auprès d’institutions membres peuvent bénéficier de la protection de la Société d’assurance-dépôts du Canada, sous réserve de ses catégories et de ses plafonds. Les actions, les obligations, les fonds communs et les FNB ne bénéficient pas de cette assurance-dépôts.
Le gouvernement du Canada fournit un aperçu de l’assurance-dépôts et des dépôts admissibles.
Nous examinerons le fonctionnement des CPG plus en détail dans un prochain guide.
Les actions, les obligations et les liquidités ont des fonctions différentes
Il est préférable de considérer chaque catégorie d’actifs comme un outil plutôt que comme une concurrente des deux autres.
- Les actions recherchent la croissance à long terme.
- Les obligations fournissent un revenu et peuvent réduire les fluctuations du portefeuille.
- Les liquidités protègent les besoins à court terme et offrent de la flexibilité.
On ne juge pas la qualité d’un extincteur selon sa capacité à chauffer une pièce. De la même façon, juger les liquidités uniquement selon leur rendement à long terme revient à ignorer leur utilité. Juger les actions selon leur stabilité au cours de la prochaine année revient aussi à ignorer la raison pour laquelle les investisseurs à long terme les détiennent.
Les problèmes surviennent lorsqu’une catégorie d’actifs reçoit une fonction qui ne lui convient pas.
Une mise de fonds nécessaire l’année prochaine peut être trop importante pour être exposée à une forte baisse du marché boursier. Une épargne-retraite qui ne sera pas utilisée avant 30 ans peut perdre du pouvoir d’achat si elle reste entièrement en liquidités.
Votre horizon devrait influencer votre répartition
Votre horizon de placement représente le temps qui reste avant que vous ayez besoin de l’argent.
Objectifs à court terme
Pour une somme qui sera utilisée bientôt, préserver sa valeur est généralement plus important que rechercher une croissance maximale.
Cela peut comprendre :
- un fonds d’urgence;
- les frais de scolarité de l’année prochaine;
- un prochain paiement d’impôt;
- une mise de fonds nécessaire dans quelques années;
- une rénovation ou l’achat planifié d’un véhicule.
Les comptes d’épargne, les CPG à court terme et d’autres quasi-liquidités appropriées peuvent mieux convenir à ces objectifs.
Objectifs à moyen terme
Les objectifs situés dans quelques années demandent plus de jugement. Une combinaison de liquidités, de titres à revenu fixe de qualité et, dans certaines situations, d’actions peut être appropriée.
Lorsque la date de la dépense ne peut pas être reportée, le portefeuille a généralement besoin de plus de stabilité à mesure que cette date approche.
Objectifs à long terme
Un objectif à long terme peut généralement supporter davantage de fluctuations à court terme, puisqu’il reste plus de temps pour se remettre d’une baisse des marchés.
L’épargne-retraite peut donc comprendre une proportion plus importante d’actions. Cependant, un long horizon ne signifie pas automatiquement qu’une personne devrait détenir uniquement des actions. Le portefeuille doit aussi correspondre à sa capacité et à sa volonté d’accepter des pertes.
La capacité et la tolérance au risque sont différentes
Votre répartition devrait tenir compte à la fois de votre capacité financière à prendre des risques et de votre tolérance émotionnelle.
La capacité à prendre des risques représente votre aptitude financière à supporter une perte. Elle dépend notamment de votre horizon, de la stabilité de votre revenu, de votre taux d’épargne et de vos besoins de retrait.
La tolérance au risque représente le niveau d’incertitude et de fluctuation que vous pouvez accepter sans abandonner votre plan.
Une personne peut avoir un horizon de 30 ans et donc une capacité élevée à prendre des risques. Toutefois, si une baisse de 30 % la pousse à tout vendre, un portefeuille composé uniquement d’actions ne lui convient probablement pas.
À l’inverse, une personne peut se sentir très à l’aise avec le risque tout en ayant besoin de son argent l’année prochaine. Sa confiance ne peut pas prolonger son horizon.
Notre guide sur l’évaluation de votre profil de risque approfondit cette distinction.
Pourquoi combiner actions et obligations?
Les actions et les obligations réagissent différemment aux conditions économiques. Leur valeur peut parfois diminuer simultanément, mais elles ne se comportent pas de la même façon dans toutes les périodes.
Les combiner peut réduire l’ampleur des fluctuations par rapport à un portefeuille composé uniquement d’actions. En contrepartie, l’ajout d’obligations peut aussi réduire le potentiel de croissance à long terme.
Un portefeuille comportant une proportion plus élevée d’actions présente généralement :
- un potentiel de croissance supérieur à long terme;
- des fluctuations plus importantes à court terme;
- une possibilité accrue de pertes temporaires considérables.
Un portefeuille comportant une proportion plus élevée d’obligations présente généralement :
- une croissance attendue plus faible;
- des fluctuations moins importantes qu’un portefeuille composé uniquement d’actions;
- davantage de revenus d’intérêt;
- une exposition continue aux risques d’inflation, de taux d’intérêt et de crédit.
La répartition appropriée dépend de chaque investisseur. Aucun portefeuille n’est prudent ou audacieux pour tout le monde et dans toutes les situations.
Quel rôle les liquidités devraient-elles jouer?
Conserver des liquidités peut rendre un plan de placement plus facile à maintenir.
Elles peuvent servir à couvrir :
- les retraits prévus;
- les dépenses imprévues;
- les frais du portefeuille;
- les achats planifiés;
- les dépenses à court terme pendant la retraite.
Cette réserve peut réduire le besoin de vendre des actions ou des obligations à un moment défavorable.
Cependant, conserver beaucoup plus de liquidités que nécessaire peut entraîner un coût à long terme. L’argent pourrait croître trop lentement pour suivre l’inflation, les impôts et l’augmentation du coût de vos objectifs futurs.
Le montant approprié dépend de la raison pour laquelle vous détenez ces liquidités. Attribuez une fonction précise à chaque réserve plutôt que de choisir un pourcentage arbitraire.
La répartition de l’actif compte davantage que le placement parfait
La répartition de l’actif indique comment un portefeuille est divisé entre les différentes catégories de placements.
Un portefeuille peut, par exemple, détenir des actions canadiennes et étrangères, des obligations gouvernementales et de sociétés, ainsi qu’une réserve de liquidités. Les proportions choisies déterminent une grande partie du comportement attendu du portefeuille.
Choisir une combinaison générale adaptée à votre situation est habituellement plus utile que de chercher une action extraordinaire ou d’essayer de prévoir quelle catégorie produira le meilleur rendement l’année prochaine.
L’Autorité des marchés financiers recommande de choisir une répartition et une diversification qui correspondent au profil et aux objectifs de l’investisseur dans son guide pour diversifier ses placements.
Diversifiez aussi à l’intérieur de chaque catégorie
Détenir des actions, des obligations et des liquidités ne crée pas automatiquement un portefeuille bien diversifié.
Un portefeuille qui contient une action d’une banque canadienne, une obligation de société et des liquidités dépend encore fortement d’un petit nombre d’émetteurs et d’un seul pays.
La diversification peut couvrir :
- les entreprises;
- les secteurs;
- les pays;
- les devises;
- les émetteurs d’obligations;
- les niveaux de qualité de crédit;
- les dates d’échéance.
Les fonds indiciels et les FNB diversifiés peuvent simplifier cette tâche. Il reste toutefois important de comprendre ce que chaque fonds détient et de vérifier si plusieurs fonds se chevauchent.
Pour commencer, consultez notre guide des fonds indiciels et des FNB au Canada.
Un compte n’est pas un placement
Un CELI, un REER, un CELIAPP ou un compte non enregistré est un contenant. Les actions, les obligations, les CPG, les liquidités et les fonds sont les placements que vous pouvez y détenir, sous réserve des règles d’admissibilité.
Le simple fait d’ouvrir un CELI ne signifie pas que l’argent est investi. Il peut rester en liquidités jusqu’à ce que vous choisissiez un placement.
Cette distinction est importante. Deux personnes peuvent détenir un CELI et obtenir des résultats complètement différents. L’une peut y conserver un compte d’épargne, tandis que l’autre y détient un portefeuille d’actions mondialement diversifié.
Choisissez le compte en fonction de ses règles fiscales et de votre objectif. Choisissez ensuite les placements qu’il contient selon votre horizon et votre profil de risque.
Trois exemples
Une mise de fonds nécessaire dans deux ans
Noah prévoit acheter une propriété dans environ deux ans. Une perte de 25 % pourrait retarder son achat.
Il privilégie donc la stabilité et l’accessibilité plutôt que le rendement maximal. Il utilise des comptes d’épargne et des CPG dont les échéances correspondent à son projet, après avoir vérifié leurs conditions de rachat.
Une retraite prévue dans 25 ans
Amara possède un emploi stable, un fonds d’urgence et plus de deux décennies avant sa retraite.
Elle accepte des fluctuations importantes à court terme en échange d’un potentiel de croissance à long terme. Son portefeuille diversifié contient donc une proportion plus élevée d’actions, accompagnées d’obligations qui maintiennent le risque à un niveau qu’elle peut tolérer.
Un retraité qui finance ses dépenses courantes
Robert est retraité et utilise une partie de son portefeuille pour payer ses dépenses.
Il conserve certains retraits à venir en liquidités et détient des obligations pour obtenir un revenu et une stabilité relative. Le reste de son portefeuille demeure investi en actions afin de soutenir la croissance nécessaire aux années futures.
Son portefeuille fluctue toujours, mais Robert risque moins de devoir vendre des actions uniquement pour financer une dépense immédiate.
Le rééquilibrage maintient la répartition choisie
Les mouvements des marchés modifient progressivement votre répartition.
Supposons que les actions progressent plus rapidement que les obligations. Un portefeuille qui contenait initialement 60 % d’actions et 40 % d’obligations pourrait finir par détenir une proportion d’actions beaucoup plus élevée. Il présenterait alors plus de risque que prévu.
Le rééquilibrage consiste à ramener le portefeuille vers sa répartition cible. Vous pouvez le faire en :
- dirigeant les nouvelles cotisations vers la catégorie sous-représentée;
- utilisant les intérêts ou les dividendes;
- vendant une partie d’un actif surreprésenté pour acheter l’actif sous-représenté;
- utilisant un fonds qui se rééquilibre automatiquement.
Le rééquilibrage sert à contrôler le risque. Son objectif est de maintenir le portefeuille choisi, et non de prévoir le prochain gagnant du marché.
Les FNB de répartition d’actifs tout-en-un peuvent effectuer ce travail dans un seul fonds. Notre guide sur les FNB tout-en-un au Canada explique leur fonctionnement.
Erreurs courantes à éviter
Considérer les obligations comme sans risque
La valeur des obligations peut diminuer et leur émetteur peut manquer à ses obligations. Elles jouent souvent un rôle stabilisateur, mais elles n’éliminent pas le risque.
Investir en actions une somme nécessaire à court terme
Un bon rendement moyen à long terme ne protège pas l’argent dont vous pourriez avoir besoin pendant une baisse soudaine du marché.
Conserver toute son épargne à long terme en liquidités
Les liquidités offrent de la stabilité, mais l’inflation peut réduire progressivement leur pouvoir d’achat.
Choisir sa répartition selon les rendements récents
La catégorie qui produit le meilleur rendement change au fil du temps. Acheter ce qui vient d’augmenter et vendre ce qui a baissé peut vous amener à toujours poursuivre les rendements passés.
Prendre plus de risques pour compenser une épargne insuffisante
Une proportion plus élevée d’actions ne garantit pas l’atteinte d’un objectif insuffisamment financé. Augmenter les cotisations, modifier l’objectif ou prolonger l’horizon peut constituer une solution plus fiable.
Modifier le portefeuille chaque fois que les marchés deviennent inconfortables
Votre portefeuille devrait être conçu avant la prochaine baisse, lorsque vous pouvez évaluer calmement les risques. Réagir continuellement aux nouvelles financières peut compromettre un plan pourtant raisonnable.
Une méthode simple pour choisir votre répartition
Avant de déterminer les proportions d’actions, d’obligations et de liquidités, posez-vous les questions suivantes :
- À quoi cet argent servira-t-il?
- Quand en aurai-je besoin?
- La date du retrait peut-elle être reportée?
- Quelle perte mon plan financier peut-il supporter?
- Quelles fluctuations puis-je tolérer sans vendre?
- Ai-je un fonds d’urgence distinct?
- Aurai-je besoin d’un revenu régulier provenant du portefeuille?
- Est-ce que je comprends chaque placement que je prévois détenir?
- Comment vais-je rééquilibrer mon portefeuille?
- Qu’est-ce qui justifierait une modification de mon plan?
Notez vos réponses. Un plan simple que vous comprenez et respectez est plus utile qu’un portefeuille théoriquement parfait que vous abandonnez pendant la prochaine baisse.
Questions fréquentes
Les obligations sont-elles plus sûres que les actions?
Les obligations de qualité élevée sont généralement moins volatiles que les actions. Toutefois, le mot « sûr » dépend du risque considéré. Les obligations restent exposées aux risques de taux d’intérêt, d’inflation, de crédit et de liquidité.
Peut-on perdre de l’argent avec des obligations?
Oui. La valeur d’une obligation peut diminuer lorsque les taux augmentent ou que la situation financière de l’émetteur se détériore. Un fonds obligataire peut également perdre de la valeur. Conserver une obligation individuelle jusqu’à son échéance peut offrir davantage de prévisibilité, à condition que l’émetteur ne fasse pas défaut.
Un CPG est-il la même chose qu’une obligation?
Non. Les deux peuvent verser des intérêts, mais leur structure et leur protection diffèrent. Un CPG est un produit de dépôt offert par une institution financière. Une obligation est un titre de créance émis par un gouvernement ou une entreprise. Un CPG admissible peut bénéficier de l’assurance-dépôts, contrairement aux obligations.
Les liquidités sont-elles entièrement sans risque?
Les dépôts peuvent être stables en dollars et admissibles à l’assurance-dépôts, mais ils demeurent exposés à l’inflation. Certains produits décrits comme des quasi-liquidités présentent aussi des risques de placement, de liquidité ou de crédit.
Les jeunes investisseurs devraient-ils détenir des obligations?
L’âge ne suffit pas pour répondre. Un jeune investisseur peut avoir un long horizon, mais une faible tolérance aux pertes importantes. L’objectif, l’horizon, la situation financière et le comportement comptent aussi.
Un fonds d’urgence devrait-il être investi en actions?
En général, un fonds d’urgence devrait rester accessible et relativement stable. Le marché boursier peut chuter au même moment qu’une perte d’emploi ou une autre urgence financière.
Combien devrais-je conserver en liquidités?
Conservez une somme suffisante pour les urgences et les dépenses prévues à court terme. Le montant dépend notamment de la stabilité de votre revenu, de vos responsabilités familiales, de votre protection d’assurance et de vos prochains objectifs.
Un seul FNB peut-il contenir des actions et des obligations?
Oui. Un FNB de répartition d’actifs peut regrouper des fonds d’actions et d’obligations diversifiés selon des proportions déterminées et les rééquilibrer automatiquement.
Conclusion
Les actions, les obligations et les liquidités ne sont pas trois réponses concurrentes à la même question. Elles remplissent des fonctions différentes.
Les actions offrent un potentiel de croissance à long terme, mais peuvent subir des baisses importantes. Les obligations génèrent parfois un revenu et peuvent réduire les fluctuations du portefeuille, mais leur valeur continue de varier. Les liquidités protègent les dépenses à court terme et offrent de la flexibilité, tandis que l’inflation peut réduire leur pouvoir d’achat.
Commencez par définir votre objectif et votre horizon. Choisissez ensuite une combinaison qui respecte à la fois votre capacité financière à subir une perte et votre aptitude à demeurer investi.
La meilleure répartition n’est pas celle qui promet le rendement le plus élevé. C’est celle qui attribue une fonction appropriée à votre argent et que vous pourrez conserver lorsque les marchés deviendront difficiles.
Sources
- Types de placements et types de comptes — Organisme canadien de réglementation des investissements
- Titres d’emprunt — Autorité des marchés financiers
- Diversifier ses placements — Autorité des marchés financiers
- L’inflation expliquée — Banque du Canada
- Assurance-dépôts — Agence de la consommation en matière financière du Canada