Le plafond de cotisation REER 2026 est de 33 810 $, mais cela ne signifie pas que chaque Canadien peut cotiser ce montant. Votre limite personnelle dépend notamment de votre revenu gagné l’année précédente, de vos droits inutilisés et de votre facteur d’équivalence. Le montant exact figure sur votre plus récent avis de cotisation.
Cette distinction est importante. Cotiser en vous fiant uniquement au plafond annuel peut entraîner une cotisation excédentaire coûteuse. À l’inverse, cotiser moins sans tenir compte de votre plan d’ensemble peut vous faire renoncer à une déduction fiscale utile et à plusieurs années de croissance à imposition différée.
Voici comment fonctionnent les droits de cotisation REER au Canada, comment la déduction réduit votre revenu imposable et comment prendre une décision réfléchie pour 2026.
Qu’est-ce qu’un REER?
Un régime enregistré d’épargne-retraite est un compte à imposition différée conçu principalement pour l’épargne-retraite. Les cotisations peuvent réduire votre revenu imposable, jusqu’à concurrence de votre maximum déductible. Les placements détenus dans le compte peuvent fructifier sans impôt annuel sur les intérêts, les dividendes ou les gains en capital.
L’impôt est reporté plutôt qu’éliminé. La plupart des retraits sont ajoutés à votre revenu imposable pendant l’année où vous les recevez. Cette structure peut être avantageuse si vous demandez la déduction à un taux marginal d’imposition relativement élevé et retirez l’argent plus tard à un taux inférieur. Le résultat réel dépend de vos taux d’imposition, du rendement des placements, du moment des retraits et de leurs effets sur les prestations fondées sur le revenu.
Le REER est le compte qui contient vos placements. Ce n’est pas un placement en soi. Selon l’institution financière, il peut contenir des liquidités, des certificats de placement garanti, des fonds communs, des fonds négociés en bourse, des actions, des obligations et d’autres placements admissibles.
Comment le plafond de cotisation REER 2026 est-il calculé?
Le plafond de cotisation REER 2026 est de 33 810 $. Il s’agit du maximum de nouveaux droits pouvant découler du calcul normal fondé sur le revenu gagné. Ce montant n’est pas automatiquement accordé à chaque contribuable.
Vos nouveaux droits correspondent généralement au moins élevé des montants suivants :
- 18 % de votre revenu gagné pendant l’année précédente;
- le plafond annuel des REER pour l’année en cours.
Le calcul est ensuite rajusté en fonction de certains éléments, notamment le facteur d’équivalence, le facteur d’équivalence pour services passés et le facteur d’équivalence rectifié. Les droits inutilisés des années précédentes sont également pris en compte lorsque l’Agence du revenu du Canada détermine votre maximum personnel.
Supposons, par exemple, que vous avez gagné 100 000 $ en 2025, que vous ne participez pas à un régime de retraite au travail et que vous n’avez aucun droit inutilisé. Dix-huit pour cent de votre revenu représente 18 000 $. Vos nouveaux droits pour 2026 seraient donc généralement de 18 000 $, et non de 33 810 $.
Si votre revenu gagné en 2025 était de 200 000 $, 18 % représenterait 36 000 $. Vos nouveaux droits seraient généralement limités à 33 810 $ avant les rajustements liés à un régime de pension. Si vous participez à un régime de retraite offert par votre employeur, votre facteur d’équivalence pourrait réduire ce montant.
Le nombre le plus fiable est le maximum déductible au titre des REER établi par l’ARC, et non une estimation fondée uniquement sur votre salaire. Vous pouvez le trouver sur votre dernier avis de cotisation ou de nouvelle cotisation, dans Mon dossier de l’ARC ou sur le formulaire T1028, s’il y a lieu. Le guide officiel sur les REER explique les différentes parties du calcul.
Les droits de cotisation et la déduction ne sont pas identiques
Trois montants connexes peuvent facilement être confondus :
- Maximum déductible au titre des REER : la déduction maximale que vous pouvez généralement demander pour l’année.
- Cotisations inutilisées : les sommes déjà versées dans un REER, mais pas encore déduites.
- Droits de cotisation disponibles : le montant supplémentaire que vous pouvez verser sans créer de cotisation excédentaire.
Cette différence devient importante lorsque vous cotisez maintenant, mais reportez la déduction. Vous devez déclarer la cotisation dans votre déclaration de revenus, même si vous décidez de ne pas la déduire immédiatement. Le montant non déduit peut généralement être reporté et demandé pendant une année future, jusqu’à concurrence de votre maximum déductible à ce moment-là.
Reporter une déduction peut être utile si vous prévoyez une hausse importante de votre revenu imposable. Cependant, attendre automatiquement n’est pas toujours la meilleure option. Demander la déduction maintenant procure un avantage fiscal plus tôt, que vous pouvez épargner ou investir. Comparez la valeur potentielle d’une déduction future plus importante avec celle d’une économie d’impôt obtenue et utilisée dès aujourd’hui.
Quelle est la date limite de cotisation au REER pour 2026?
Les cotisations versées pendant l’année et au cours des 60 premiers jours de l’année suivante peuvent généralement être déclarées pour l’année d’imposition précédente. Les cotisations effectuées pendant les 60 premiers jours de 2027 pourraient donc être déduites dans votre déclaration de 2026, sous réserve de votre maximum déductible.
La date civile exacte peut changer lorsque la fin de la période tombe une fin de semaine. Consultez les dates importantes de l’ARC pour les REER avant d’effectuer une cotisation à la dernière minute.
Vous n’avez pas besoin d’attendre la date limite. Des cotisations réparties pendant l’année sont souvent plus faciles à intégrer au budget et donnent plus de temps à l’argent pour participer aux marchés. Une cotisation mensuelle de 500 $, par exemple, représente 6 000 $ sur une année avant toute contribution de l’employeur.
Si votre revenu varie, vous pourriez combiner de petites cotisations automatiques avec un versement supplémentaire en fin d’année, après avoir vérifié votre revenu et vos droits restants.
Quelle économie d’impôt procure une cotisation REER?
La déduction REER réduit votre revenu imposable. Elle ne constitue pas un crédit d’impôt équivalant à la totalité de la cotisation. L’économie obtenue dépend en grande partie de votre taux marginal d’imposition.
Dans un exemple simplifié, une déduction de 10 000 $ à un taux marginal combiné de 30 % pourrait réduire l’impôt d’environ 3 000 $. Le résultat précis dépend de votre province ou territoire, de vos autres déductions et crédits ainsi que des effets de la cotisation sur les prestations fondées sur le revenu.
Un remboursement d’impôt généré par une déduction REER n’est pas de l’argent gratuit. Il représente souvent une partie de l’impôt retenu sur votre paie pendant l’année qui vous est retournée après la réduction de votre revenu imposable. Utiliser ce remboursement pour investir, rembourser une dette coûteuse ou financer une autre priorité peut préserver davantage la valeur de la cotisation que de l’absorber dans les dépenses courantes.
La déduction tend à valoir davantage lorsque votre taux d’imposition est élevé. Cela ne signifie pas que tout le monde devrait attendre l’année où son revenu sera le plus élevé. Le moment de la retraite, les droits disponibles, les liquidités du ménage et l’avantage d’investir plus tôt ont également de l’importance.
Les droits de cotisation REER inutilisés sont reportés
Les droits de cotisation REER inutilisés sont généralement reportés sans date d’expiration. Si vous pouviez cotiser 8 000 $, mais que vous n’avez versé que 3 000 $, le montant inutilisé peut augmenter vos droits pendant une année future.
Cette règle peut aider les personnes dont le revenu varie. Vous pouvez accumuler des droits pendant des années où votre revenu est moins élevé et les utiliser plus tard, lorsque votre situation financière et votre taux marginal d’imposition sont plus favorables. Vous n’avez donc pas à compromettre votre budget simplement pour utiliser tous vos droits avant la fin de l’année.
Le report peut être particulièrement utile après un congé parental, des études, un changement de carrière ou une période de travail autonome avec un revenu irrégulier. Continuez à produire vos déclarations de revenus, même pendant les années où votre revenu est faible, afin que l’ARC puisse calculer et inscrire vos droits.
Évitez les cotisations REER excédentaires
En règle générale, les cotisations qui dépassent votre maximum déductible de plus de 2 000 $ peuvent être assujetties à un impôt de 1 % par mois pour chaque mois où l’excédent demeure dans le compte. La marge de 2 000 $ ne constitue pas une déduction supplémentaire. Elle sert principalement à absorber de petites erreurs, et le montant excédentaire ne peut pas être déduit avant que de nouveaux droits soient disponibles.
Les cotisations de l’employeur à un REER collectif et les cotisations que vous versez à un REER au profit de votre époux ou conjoint de fait utilisent généralement aussi vos droits. Vous devez donc tenir compte de l’ensemble des cotisations versées auprès de toutes vos institutions financières.
Si vous découvrez une cotisation excédentaire, ne supposez pas qu’un retrait immédiat règle toutes les obligations fiscales. Les règles concernant l’impôt, le retrait et la déduction peuvent être complexes. Consultez les renseignements de l’ARC sur les cotisations et le maximum déductible et envisagez de consulter un fiscaliste.
Commencez par la cotisation de contrepartie de l’employeur
Si votre employeur verse une cotisation équivalente dans un REER collectif, cotiser suffisamment pour obtenir la totalité de cette contrepartie constitue souvent un excellent point de départ. La contribution de l’employeur ajoute immédiatement de l’argent à votre épargne-retraite, même si vous devez tout de même vérifier les frais, les règles d’acquisition et les restrictions de retrait.
Votre cotisation et celle de l’employeur peuvent toutes deux avoir une incidence sur vos droits disponibles. Consultez les documents du régime et vos relevés de paie pour éviter de comptabiliser seulement le montant prélevé sur votre propre salaire.
Après avoir obtenu la contrepartie maximale, comparez les cotisations REER supplémentaires avec vos autres priorités, notamment les dettes à taux élevé, le fonds d’urgence, les droits de cotisation CELI ou le CELIAPP si vous épargnez pour une première propriété.
Devriez-vous choisir un REER, un CELI ou un CELIAPP?
Le meilleur compte dépend de l’objectif de l’épargne et de votre situation fiscale.
REER
Le REER peut être avantageux lorsque la déduction a une grande valeur aujourd’hui et que vous prévoyez retirer les fonds à un taux d’imposition inférieur. Il est conçu pour l’épargne à long terme, et les retraits ordinaires sont imposables. Les droits de cotisation ne sont pas rétablis après un retrait.
CELI
Les cotisations au CELI ne sont pas déductibles, mais les retraits admissibles sont libres d’impôt. Le montant retiré est ajouté à vos droits de cotisation au début de l’année civile suivante. Le CELI peut convenir à l’épargne flexible, au fonds d’urgence et aux personnes qui se trouvent actuellement dans une tranche d’imposition relativement faible.
Notre comparaison entre le CELI et le REER explique comment le revenu, l’horizon de placement et la souplesse des retraits influencent le choix.
CELIAPP
Pour un acheteur admissible d’une première propriété, le CELIAPP combine une déduction pour les cotisations avec des retraits admissibles libres d’impôt. Il pourrait passer avant des cotisations REER supplémentaires lorsque l’objectif est l’achat d’une première habitation. Consultez notre guide sur les règles, les plafonds et les retraits du CELIAPP avant de choisir entre les comptes.
Ces comptes peuvent également être utilisés ensemble. La répartition appropriée peut changer avec votre revenu, vos objectifs et vos droits disponibles.
Comment fonctionne un REER au profit du conjoint?
Dans un REER au profit de l’époux ou du conjoint de fait, une personne cotise et demande la déduction, tandis que l’autre personne est le rentier et le propriétaire du régime. La cotisation utilise les droits de la personne qui cotise, et non ceux du rentier.
Cette stratégie peut aider un couple à mieux répartir son revenu imposable à la retraite, surtout si l’un des conjoints devrait avoir un revenu de retraite beaucoup plus élevé. Toutefois, le fractionnement du revenu de pension et les autres sources de revenus futurs doivent être pris en compte avant de conclure qu’un REER de conjoint offrira un avantage important.
Les règles d’attribution peuvent faire en sorte qu’un retrait soit imposé entre les mains de la personne qui a cotisé lorsque des cotisations ont été versées pendant l’année du retrait ou l’une des deux années civiles précédentes. Les transferts, une rupture de l’union ainsi que les retraits dans le cadre du RAP ou du REEP peuvent entraîner d’autres règles. Consultez le guide de l’ARC ou un fiscaliste avant d’utiliser un REER de conjoint pour des retraits à court terme.
Pouvez-vous retirer de l’argent d’un REER avant la retraite?
Vous pouvez généralement retirer des fonds d’un REER non immobilisé à tout âge. Le retrait est toutefois imposable, et l’institution financière retient normalement une partie du montant à titre d’impôt. Cette retenue n’est qu’un paiement anticipé. L’impôt final dépend de votre revenu total et de votre déclaration pour l’année.
Contrairement à un retrait du CELI, un retrait ordinaire du REER ne rétablit pas les droits de cotisation. Retirer 10 000 $ ne vous permet pas normalement de remettre cette somme plus tard, sauf si vous disposez d’autres droits inutilisés.
Deux programmes permettent des retraits admissibles accompagnés d’obligations de remboursement :
- Le Régime d’accession à la propriété permet actuellement aux participants admissibles de retirer jusqu’à 60 000 $ pour acheter ou construire une habitation admissible. Les sommes doivent généralement être remboursées au fil du temps, et les remboursements obligatoires manquants sont ajoutés au revenu.
- Le Régime d’encouragement à l’éducation permanente permet aux participants admissibles de retirer jusqu’à 10 000 $ par année civile et 20 000 $ au total pour financer leurs études ou celles de leur époux ou conjoint de fait.
Ces programmes facilitent l’accès à l’épargne, mais retirer des placements réduit aussi le montant qui continue de fructifier pour la retraite. Comparez cet effet avec l’avantage du retrait et les remboursements futurs.
Comment investir l’argent détenu dans un REER?
Maximiser une cotisation sans choisir des placements appropriés ne suffit pas. Vos placements devraient tenir compte de votre horizon, de votre capacité à supporter les pertes et de votre besoin de diversification.
Une personne qui prendra sa retraite dans plusieurs décennies peut choisir un portefeuille diversifié comportant une proportion plus élevée d’actions. Une personne qui approche de la période des retraits peut augmenter progressivement la part des obligations de qualité, des CPG ou des liquidités destinée aux dépenses à court terme. La composition devrait suivre le plan de retraite plutôt que les manchettes des marchés.
Les frais ont de l’importance, puisqu’ils réduisent le rendement qui reste dans le compte. Comparez le coût total des placements et des conseils reçus. Un portefeuille simple et diversifié que vous pouvez conserver peut être plus efficace qu’un ensemble complexe de fonds qui se chevauchent.
Le REER devrait aussi s’intégrer à votre plan de retraite, avec le régime de l’employeur, le RPC ou le RRQ, la Sécurité de la vieillesse, les CELI, les placements non enregistrés et les dépenses prévues.
Qu’arrive-t-il au REER à 71 ans?
Le 31 décembre de l’année où vous atteignez 71 ans est généralement la dernière journée où vous pouvez cotiser à votre propre REER. Avant la fin de cette année, vous devez généralement :
- retirer le solde;
- le transférer dans un fonds enregistré de revenu de retraite;
- l’utiliser pour acheter une rente admissible.
Un transfert direct vers un FERR ou l’achat d’une rente n’entraîne généralement pas l’imposition immédiate de la totalité du solde transféré. Les paiements futurs deviennent imposables lorsqu’ils sont reçus. En revanche, un retrait complet en espèces est généralement ajouté à votre revenu pendant l’année du retrait.
Si votre époux ou conjoint de fait a moins de 71 ans et que vous avez encore des droits de cotisation, vous pourriez continuer à cotiser à son REER de conjoint jusqu’à la fin de l’année où cette personne atteint 71 ans. La cotisation utilise toujours vos propres droits et demeure assujettie aux règles des REER de conjoint.
Une stratégie pratique de cotisation REER
Suivez cette démarche avant d’effectuer une cotisation importante :
- Vérifiez votre maximum déductible au titre des REER sur votre plus récent avis de cotisation ou dans Mon dossier de l’ARC.
- Soustrayez les cotisations déjà versées personnellement, par retenue sur la paie et dans un REER de conjoint.
- Obtenez la totalité de la cotisation de contrepartie offerte par votre employeur, s’il y en a une.
- Protégez les dépenses essentielles, maintenez un fonds d’urgence et traitez les dettes coûteuses.
- Comparez le REER, le CELI et le CELIAPP selon l’objectif et votre taux d’imposition actuel.
- Choisissez une cotisation que votre budget peut soutenir au lieu de dépendre entièrement de la date limite.
- Décidez si vous demanderez toute la déduction maintenant ou si vous en reporterez une partie.
- Investissez la cotisation en fonction de votre horizon et de votre plan de retraite.
- Conservez les reçus et déclarez correctement les cotisations dans votre déclaration de revenus.
- Vérifiez de nouveau vos droits après avoir reçu votre prochain avis de cotisation.
Maximiser un REER ne signifie pas nécessairement verser le montant le plus élevé possible. Cela signifie utiliser la déduction, le report d’impôt et les placements du compte lorsqu’ils soutiennent votre plan financier global.
Est-ce avantageux de maximiser son REER?
Le REER peut être un puissant outil de retraite lorsque la déduction fiscale est avantageuse, que l’argent est investi à long terme et que les retraits sont planifiés. Il peut être particulièrement utile aux personnes qui se trouvent dans une tranche d’imposition élevée, aux travailleurs qui reçoivent une cotisation de contrepartie et aux ménages qui veulent mieux répartir leurs revenus futurs.
Il peut être moins urgent lorsque votre revenu actuel est faible, que votre fonds d’urgence est insuffisant, que vous avez des dettes coûteuses ou que vous aurez besoin d’un accès flexible à l’épargne. Dans ces situations, le CELI, le CELIAPP ou le remboursement des dettes pourrait passer en premier.
Commencez par votre maximum personnel établi par l’ARC, et non par le plafond national. Choisissez ensuite une cotisation adaptée à votre budget, à votre situation fiscale et à votre plan de retraite.
Cet article est fourni à des fins éducatives seulement et ne constitue pas un conseil financier, fiscal, juridique ou en matière de placement. Les plafonds REER, les règles fiscales et les programmes gouvernementaux peuvent changer. Confirmez les exigences actuelles auprès de l’Agence du revenu du Canada et consultez un professionnel qualifié pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.