Le plafond de cotisation au CELI en 2026 est de 7 000 $, mais vos droits personnels peuvent être beaucoup plus élevés. Les droits inutilisés s’accumulent, et les retraits admissibles s’ajoutent de nouveau à vos droits au début de l’année civile suivante.
Ces règles font du compte d’épargne libre d’impôt l’un des outils financiers les plus souples au Canada. Elles peuvent toutefois entraîner des erreurs coûteuses lorsqu’une personne croit qu’un retrait crée immédiatement de nouveaux droits ou se fie à un solde qui n’est pas encore à jour dans Mon dossier de l’ARC.
Voici comment fonctionnent les cotisations, les retraits et les placements dans un CELI, ainsi que la façon d’intégrer ce compte à un plan financier concret.
Qu’est-ce qu’un CELI?
Le compte d’épargne libre d’impôt est un compte enregistré offert aux résidents canadiens admissibles. Les cotisations sont versées avec de l’argent après impôt et ne sont pas déductibles du revenu. Les intérêts, les dividendes et les gains en capital réalisés dans le compte sont généralement libres d’impôt au Canada, tout comme les retraits admissibles.
Malgré son nom, le CELI ne se limite pas à un compte d’épargne bancaire. Selon l’institution financière et le type de CELI choisi, il peut contenir :
- des liquidités et des comptes d’épargne à intérêt élevé;
- des certificats de placement garanti;
- des fonds communs de placement;
- des fonds négociés en bourse;
- des actions;
- des obligations; et
- d’autres placements admissibles.
Le compte peut donc répondre à différents besoins. Il peut servir à constituer un fonds d’urgence, à préparer une mise de fonds, à investir pour la retraite ou à financer un autre objectif à long terme. Les placements devraient correspondre à la date où vous prévoyez utiliser l’argent et au niveau de risque que vous pouvez accepter.
Quel est le plafond de cotisation au CELI en 2026?
Le plafond de cotisation au CELI en 2026 est de 7 000 $. Ce montant a été ajouté aux droits des résidents canadiens admissibles le 1er janvier 2026.
Le plafond annuel ne représente qu’une partie de vos droits personnels. Vos droits de cotisation disponibles se calculent généralement ainsi :
Plafond annuel du CELI pour l’année en cours
+ droits inutilisés des années précédentes
+ retraits effectués pendant l’année civile précédente
− cotisations déjà versées pendant l’année en cours
Une personne qui n’a jamais cotisé pourrait donc disposer de beaucoup plus que 7 000 $. Une personne âgée d’au moins 18 ans en 2009, résidente du Canada et admissible chaque année jusqu’en 2026 pourrait avoir accumulé jusqu’à 109 000 $ de droits totaux, avant de tenir compte des cotisations et des retraits.
Votre montant sera moins élevé si vous avez eu 18 ans après 2009 ou si vous étiez non-résident pendant certaines années. Il variera aussi en fonction de vos cotisations et retraits antérieurs.
Le calculateur et la feuille de calcul des droits de cotisation au CELI de l’ARC expliquent le calcul à l’aide d’exemples.
Qui accumule des droits de cotisation au CELI?
Vous commencez généralement à accumuler des droits pour chaque année où vous êtes :
- âgé d’au moins 18 ans; et
- résident du Canada aux fins de l’impôt sur le revenu.
Vous n’avez pas besoin de gagner un revenu d’emploi, de produire une déclaration de revenus ou d’ouvrir un CELI pour accumuler des droits. Produire vos déclarations et tenir vos renseignements à jour peut toutefois faciliter la vérification des données de l’ARC.
Dans les provinces et territoires où l’âge légal pour conclure un contrat est de 19 ans, vous devrez peut-être attendre cet âge avant d’ouvrir le compte. Les droits acquis pendant l’année de vos 18 ans sont généralement conservés et peuvent être utilisés une fois le compte ouvert.
Le statut de résidence est important. Si vous devenez non-résident, vous pouvez conserver votre CELI et effectuer des retraits, mais vous n’accumulez généralement pas de nouveaux droits pour une année complète de non-résidence. Les cotisations versées pendant cette période peuvent être soumises à un impôt de 1 % par mois et pourraient aussi créer un montant excédentaire.
Ne vous fiez pas uniquement au solde de l’ARC
Mon dossier de l’ARC est utile, mais les renseignements sur le CELI ne sont pas mis à jour immédiatement après chaque opération. Les institutions financières déclarent généralement les opérations de l’année précédente après la fin de l’année, puis l’ARC doit traiter ces données.
Si vous détenez plusieurs CELI, vos droits s’appliquent à tous les comptes réunis. Ouvrir trois CELI ne multiplie pas votre plafond.
Avant de cotiser, comparez les renseignements de l’ARC avec vos propres relevés de toutes vos institutions financières. Notez :
- vos droits disponibles au début de l’année;
- chaque cotisation versée pendant l’année;
- chaque retrait effectué pendant l’année; et
- les transferts directs entre institutions.
Vos propres registres sont particulièrement importants au début de l’année, lorsque le solde de l’ARC pourrait ne pas encore inclure toutes les opérations de l’année précédente.
Comment les retraits influencent-ils vos droits de cotisation?
Les retraits admissibles d’un CELI sont libres d’impôt, mais ils ne créent pas immédiatement de nouveaux droits. Le montant retiré est ajouté à vos droits le 1er janvier de l’année civile suivante.
Supposons que vous commencez 2026 avec 7 000 $ de droits disponibles et que vous cotisez la totalité de cette somme. Vos droits restants sont alors de zéro. Si vous retirez 4 000 $ plus tard en 2026, vous ne pouvez pas automatiquement remettre ces 4 000 $ dans le CELI pendant la même année. Le retrait sera ajouté à vos droits le 1er janvier 2027.
Si vous cotisez de nouveau les 4 000 $ en 2026 sans disposer d’autres droits inutilisés, vous créerez une cotisation excédentaire.
Cette règle s’applique au montant complet retiré, y compris la croissance des placements. Si des cotisations de 20 000 $ atteignent une valeur de 30 000 $ et que vous retirez les 30 000 $, ce montant sera généralement ajouté à vos droits l’année suivante.
Les directives de l’ARC sur les retraits d’un CELI présentent des exemples de l’incidence des retraits et des nouvelles cotisations.
Comment transférer un CELI vers une autre institution?
Demandez à l’institution financière qui recevra les fonds d’effectuer un transfert direct du CELI. Un transfert direct entre vos CELI n’est généralement ni un retrait ni une nouvelle cotisation. Il n’utilise donc pas vos droits de cotisation.
Retirer vous-même l’argent avant de le déposer dans un nouveau CELI produit un résultat différent. Le dépôt est considéré comme une nouvelle cotisation. Si vos droits inutilisés sont insuffisants, vous pourriez créer un excédent même si l’argent provenait d’un autre CELI.
Par exemple, retirer 40 000 $ d’un CELI et les déposer dans une autre institution pendant la même année pourrait créer un excédent de 40 000 $ si vous ne disposez d’aucun autre droit. Le retrait ne sera ajouté à vos droits que l’année civile suivante.
Une institution financière peut facturer des frais de transfert. Comparez ces frais avec tout remboursement offert par la nouvelle institution, mais utilisez le processus officiel afin de préserver vos droits actuels. L’ARC explique cette démarche dans ses directives pour demander le transfert d’un CELI.
Que se passe-t-il si vous cotisez trop à un CELI?
Un montant excédentaire dans un CELI est généralement soumis à un impôt de 1 % par mois pour chaque mois où l’excédent demeure dans le compte. Contrairement au REER, le CELI n’offre aucune marge de 2 000 $ pour les cotisations excédentaires.
L’impôt mensuel peut s’appliquer même si l’erreur était involontaire. Les causes fréquentes comprennent :
- remettre un retrait dans le CELI pendant la même année sans avoir assez de droits;
- cotiser à plusieurs CELI sans additionner les montants;
- se fier à des données de l’ARC qui ne sont pas encore à jour;
- déplacer l’argent entre deux institutions sans demander un transfert direct;
- cotiser pendant une période de non-résidence; ou
- mal déterminer l’année où les droits ont commencé à s’accumuler.
Si vous découvrez un excédent, le retirer rapidement peut empêcher l’accumulation d’impôt pour d’autres mois. Vous pourriez tout de même devoir produire une déclaration CELI et payer l’impôt applicable aux mois où l’excédent existait. Consultez les instructions actuelles de l’ARC ou un fiscaliste plutôt que de supposer que le retrait règle à lui seul toutes les obligations.
Les gains et les retraits sont-ils toujours libres d’impôt?
Les intérêts, les dividendes et les gains en capital provenant de placements admissibles sont généralement libres d’impôt au Canada lorsqu’ils sont détenus dans un CELI. Les retraits admissibles ne sont généralement pas inclus dans le revenu imposable.
Les revenus et les retraits du CELI n’ont généralement pas d’incidence sur les prestations et crédits fédéraux fondés sur le revenu, comme la Sécurité de la vieillesse, le Supplément de revenu garanti, les prestations d’assurance-emploi, l’Allocation canadienne pour enfants et le crédit pour la TPS/TVH.
Ce traitement fiscal comporte néanmoins des limites. Des impôts peuvent s’appliquer aux montants excédentaires, aux cotisations de non-résidents, aux placements interdits ou non admissibles ainsi qu’aux avantages. Une fiducie régie par un CELI peut aussi être imposée sur le revenu provenant de l’exploitation d’une entreprise.
Des opérations fréquentes ne signifient pas automatiquement qu’un CELI exploite une entreprise. L’évaluation dépend des faits, notamment de la fréquence des opérations, de la durée de détention, des connaissances de la personne et du temps consacré aux transactions. Le CELI ne devrait pas servir à exercer une activité professionnelle de négociation de titres.
Des impôts étrangers peuvent également s’appliquer aux revenus de placements étrangers lorsqu’un autre pays ne reconnaît pas le traitement fiscal canadien du CELI.
Devriez-vous choisir un CELI, un REER ou un CELIAPP?
Le compte le plus approprié dépend de l’objectif, de votre revenu et du moment où vous pourriez avoir besoin de l’argent.
CELI
La cotisation au CELI ne donne pas droit à une déduction, mais les retraits admissibles sont libres d’impôt et le montant retiré est ajouté aux droits l’année suivante. Le CELI peut convenir aux objectifs flexibles, au fonds d’urgence, à la retraite et aux personnes qui se trouvent actuellement dans une tranche d’imposition relativement faible.
REER
Une cotisation au REER peut réduire le revenu imposable. Les retraits ordinaires sont toutefois imposables et ne rétablissent pas les droits de cotisation. Le REER peut être plus avantageux lorsque la déduction procure une économie d’impôt importante aujourd’hui et que le taux d’imposition prévu au moment du retrait est moins élevé.
Notre comparaison entre le CELI et le REER explique comment le taux d’imposition et la souplesse des retraits influencent le choix.
CELIAPP
Le CELIAPP peut mériter la priorité pour un acheteur admissible d’une première propriété, puisque les cotisations admissibles sont déductibles et les retraits admissibles sont libres d’impôt. Notre guide sur les règles et les retraits du CELIAPP présente les conditions d’admissibilité et les plafonds.
Vous n’avez pas toujours à choisir un seul compte. Un ménage pourrait utiliser un CELIAPP pour une première propriété, un REER pour obtenir la cotisation de contrepartie de l’employeur et des déductions fiscales, puis un CELI pour la croissance libre d’impôt et les objectifs flexibles.
Quels placements devriez-vous détenir dans un CELI?
Choisissez vos placements selon l’objectif et l’horizon plutôt qu’en fonction de la seule étiquette fiscale du compte.
Objectifs à court terme
L’argent dont vous aurez besoin dans les prochaines années pourrait être placé dans un compte d’épargne à intérêt élevé, un CPG encaissable ou un CPG à court terme. Une baisse importante du marché peu avant un retrait planifié pourrait autrement compromettre l’objectif.
Objectifs à long terme
Pour la retraite ou un autre objectif situé à plus de dix ans, un portefeuille diversifié d’actions et d’obligations peut offrir un meilleur potentiel de croissance. La répartition appropriée dépend de votre capacité et de votre volonté de tolérer les baisses du marché.
Les fonds diversifiés à faibles frais peuvent simplifier la gestion du portefeuille. Un FNB tout-en-un peut, par exemple, réunir des actions canadiennes, américaines et internationales ainsi que des obligations dans un seul fonds. Notre guide sur les FNB tout-en-un au Canada explique les différences entre leurs répartitions d’actifs.
Les frais réduisent le rendement qui demeure dans votre compte. Comparez les commissions, les ratios des frais de gestion, les honoraires de conseil, les frais de compte et les coûts de conversion de devises lorsque ceux-ci s’appliquent.
Devriez-vous conserver votre fonds d’urgence dans un CELI?
Un CELI peut contenir un fonds d’urgence si vous disposez de droits suffisants et choisissez un produit stable et accessible. Les intérêts demeurent libres d’impôt, et le montant retiré sera ajouté à vos droits l’année suivante.
Deux précautions s’imposent :
- N’investissez pas fortement en actions l’argent destiné aux urgences si vous pourriez en avoir besoin pendant une baisse des marchés.
- Ne remettez pas un retrait dans le CELI pendant la même année civile, sauf si vous disposez encore d’autres droits inutilisés.
Si vous prévoyez utiliser tous vos droits pour des placements à long terme, vous pourriez conserver une partie de votre fonds d’urgence dans un compte d’épargne à intérêt élevé non enregistré. L’impôt sur les intérêts pourrait être moins important que l’avantage de réserver les droits limités du CELI à des placements offrant un potentiel de croissance supérieur à long terme.
Comment le CELI peut-il soutenir votre retraite?
Les retraits du CELI ne sont pas inclus dans le revenu imposable et ne réduisent généralement pas les prestations fédérales de retraite fondées sur le revenu. Le compte peut donc être utile avec un REER, un régime de retraite de l’employeur, le RPC ou le RRQ et la Sécurité de la vieillesse.
À la retraite, le CELI peut financer des dépenses irrégulières sans augmenter le revenu imposable. Il peut servir à remplacer un véhicule, à effectuer des réparations, à voyager ou à payer un achat important tout en vous donnant plus de contrôle sur les retraits imposables d’un REER ou d’un FERR.
Le CELI devrait tout de même s’intégrer à un plan de retraite qui tient compte des dépenses, des rentes, des impôts et du calendrier des retraits.
Erreurs courantes à éviter avec un CELI
Croire que 7 000 $ est la limite personnelle de tout le monde
Le plafond annuel n’est qu’un élément du calcul. Vos droits disponibles pourraient être plus élevés grâce aux droits inutilisés et aux retraits de l’année précédente, ou moins élevés si vous avez déjà cotisé en 2026.
Remettre un retrait dans le compte trop rapidement
Un retrait est ajouté aux droits le 1er janvier de l’année suivante. Il ne crée pas automatiquement de nouveaux droits pendant l’année du retrait.
Calculer chaque CELI séparément
Vos droits couvrent l’ensemble de vos CELI, peu importe le nombre d’institutions utilisées.
Déplacer un CELI en retirant vous-même les fonds
Demandez un transfert direct lorsque vous changez d’institution. Un retrait suivi d’un dépôt peut utiliser vos droits et créer un excédent.
Conserver à long terme tout l’argent en liquidités
Les liquidités peuvent convenir aux objectifs à court terme, mais leur rendement prévu plus faible pourrait ne pas suivre l’inflation pendant plusieurs décennies. Adaptez le placement à l’objectif.
Prendre un risque de placement inapproprié
La croissance libre d’impôt ne rend pas un placement spéculatif plus sécuritaire. Les pertes subies dans un CELI ne rétablissent pas les droits de cotisation. Un placement qui perd toute sa valeur peut donc réduire de façon permanente la valeur du compte.
Cotiser pendant une période de non-résidence
Les privilèges de cotisation libre d’impôt cessent généralement pendant la non-résidence. Confirmez votre statut et le traitement fiscal applicable dans votre pays de résidence.
Une stratégie pratique pour votre CELI en 2026
Suivez ces étapes avant de cotiser :
- Calculez vos droits disponibles à l’aide de vos propres relevés de toutes les institutions.
- Comparez votre calcul avec Mon dossier de l’ARC une fois les opérations de l’année précédente traitées.
- Déterminez l’objectif de l’argent et la date prévue du retrait.
- Gardez l’argent à court terme dans des placements stables et utilisez un portefeuille diversifié pour les objectifs à long terme qui s’y prêtent.
- Automatisez des cotisations compatibles avec votre budget.
- Notez chaque cotisation et chaque retrait au moment où ils sont effectués.
- Utilisez un transfert direct pour déplacer un CELI entre deux institutions.
- Attendez l’année civile suivante avant de remplacer un retrait, sauf si vous disposez d’autres droits inutilisés.
- Révisez les frais et le risque des placements au moins une fois par année.
- Coordonnez le CELI avec le REER, le CELIAPP, les dettes et le fonds d’urgence.
L’objectif ne consiste pas seulement à remplir le compte. Il s’agit d’utiliser de précieux droits de croissance libre d’impôt pour des placements et une épargne qui soutiennent réellement vos objectifs.
Est-ce avantageux d’utiliser un CELI?
Pour de nombreux Canadiens, le CELI est l’un des comptes les plus utiles. Il combine une croissance généralement libre d’impôt au Canada, des retraits souples et le rétablissement futur des montants retirés sous forme de droits de cotisation.
Sa valeur dépend toutefois de la façon dont vous l’utilisez. Tenez un registre de vos droits, évitez de remettre trop rapidement les retraits dans le compte, utilisez les transferts directs et choisissez des placements adaptés à l’horizon. Un CELI qui contient un placement inadéquat ou une cotisation excédentaire non détectée peut tout de même produire un mauvais résultat.
Commencez par vos droits personnels plutôt que par le seul plafond annuel de 7 000 $, puis donnez un objectif précis à chaque dollar placé dans le compte.
Cet article est fourni à des fins éducatives seulement et ne constitue pas un conseil financier, fiscal, juridique ou en placement. Les plafonds du CELI, les règles fiscales et les programmes gouvernementaux peuvent changer. Vérifiez les renseignements actuels auprès de l’Agence du revenu du Canada et envisagez de consulter un professionnel qualifié pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.