FNB et Fonds indiciels

À la recherche du portefeuille parfait : pourquoi « assez bon » peut être mieux

Petite précision avant de commencer : cet article présente des idées générales sur le choix et l'entretien d'un portefeuille de placement. Ce n'est pas un conseil financier personnalisé.

Ceci est la partie 2 d’une série sur la simplicité en investissement. Lire la partie 1 : Moins, c’est plus

Il y a quelque chose d’étrangement addictif dans la recherche du portefeuille parfait.

Vous trouvez un FNB. Puis un autre. Vous comparez leurs frais, examinez leurs rendements historiques, étudiez leurs positions. Vous découvrez l’investissement factoriel. Puis les titres de petite capitalisation à valeur. Puis le momentum. Puis la qualité. Puis vous vous demandez si vous devriez y allouer 10 %, 15 % ou 20 %.

Et soudainement, investir est devenu un projet de recherche.

Je le sais parce que je l’ai vécu. Pendant longtemps, j’ai cru que la prochaine amélioration à apporter à mon portefeuille était toujours juste au coin de la rue. Éventuellement, j’ai réalisé que le problème n’était pas que je n’avais pas trouvé le bon portefeuille.

Le problème, c’est que j’étais encore en train d’en chercher un.

À retenir

  • Aucun portefeuille ne peut maximiser toutes les caractéristiques souhaitables à la fois — chaque portefeuille implique des compromis.
  • Plus vous en apprenez sur l’investissement, plus vous trouverez de choses à potentiellement changer. Ce n’est pas toujours un progrès.
  • Une simulation historique (backtest) vous dit ce qui s’est passé. Elle ne peut pas vous dire ce qui va se passer, ni si vous aurez la discipline de maintenir la stratégie lorsqu’elle vous décevra.
  • Un portefeuille théoriquement supérieur que vous abandonnez sous la pression n’est plus supérieur — le comportement fait partie de la construction d’un portefeuille.
  • Vous n’avez pas besoin de battre tous les autres portefeuilles. Vous avez besoin d’un portefeuille assez bon pour atteindre vos objectifs et assez simple pour que vous puissiez vraiment le suivre.

Le portefeuille parfait n’existe pas

Chaque portefeuille implique des compromis. Vous voulez plus de croissance potentielle? Vous devez généralement accepter plus de risque. Vous voulez moins de volatilité? Vous devrez peut-être accepter des rendements attendus plus bas. Vous voulez plus de diversification? Vous devrez peut-être renoncer à une certaine concentration dans les placements qui performent le mieux.

Vous ne pouvez pas maximiser simultanément toutes les caractéristiques souhaitables d’un portefeuille. La question n’est donc pas :

« Quel est le portefeuille parfait? »

Une meilleure question est :

« Quel est un bon portefeuille qui correspond à ma situation et que je peux suivre sur la durée? »

Il y a toujours un autre FNB

Vous bâtissez un portefeuille diversifié aujourd’hui. Six mois plus tard, vous découvrez un autre FNB — des frais légèrement plus bas, une exposition factorielle différente, un rendement historique plus intéressant. Vous commencez alors à songer à faire un changement.

Puis un autre FNB apparaît. Et un autre encore.

Il existe aujourd’hui des milliers de FNB, couvrant presque toutes les idées de placement imaginables. Il y a toujours une autre stratégie à considérer — et ça crée un problème étrange.

Plus vous en apprenez sur l’investissement, plus vous découvrez de choses que vous pourriez changer.

Plus d’information ne mène pas toujours à de meilleures décisions

Apprendre davantage sur l’investissement est généralement une bonne chose. Mais il y a un point où l’information supplémentaire cesse d’améliorer vos décisions et commence plutôt à en créer de nouvelles : un biais valeur par-ci, un peu plus de marchés émergents par-là, une portion en petites capitalisations, une tranche momentum. À un moment donné, vous ne résolvez plus un problème — vous en créez de nouveaux.

Comme mentionné dans la partie 1, la recherche de Vanguard met l’accent sur ce que les investisseurs peuvent réellement contrôler — les objectifs, l’équilibre, les coûts et la discipline — plutôt que de réagir aux mouvements de marché à court terme ou aux nouvelles tendances de placement. Simple, mais facile à oublier.


Pourquoi les simulations historiques peuvent vous induire en erreur

Le backtesting (simulation sur données historiques) est l’un des outils les plus utiles qu’un investisseur puisse avoir. C’est aussi l’un des plus faciles à mal utiliser.

Vous pouvez comparer un portefeuille 60/40, un 80/20, une inclinaison factorielle, une stratégie de dividendes, un fonds mondialement diversifié — et parfois un portefeuille gagne clairement. Du moins, sur votre feuille de calcul. Vous commencez alors à vous demander : pourquoi ne pas simplement choisir le portefeuille qui a le mieux performé?

Parce que l’avenir ne connaît pas le contenu de votre feuille de calcul.

La performance historique est une information — ce n’est pas une promesse. Une stratégie qui a extrêmement bien performé au cours des 20 dernières années pourrait sous-performer au cours des 10 prochaines. Une répartition qui semble parfaite avec le recul aurait pu être extrêmement difficile à maintenir pendant sa pire période.

La simulation historique peut vous dire ce qui s’est passé. Elle ne peut pas vous dire ce qui va se passer — et elle ne peut certainement pas vous dire si vous aurez la discipline de maintenir cette stratégie lorsqu’elle vous décevra pendant cinq ans.

Le portefeuille qui gagne sur papier peut perdre dans la vraie vie

Portefeuille APortefeuille B
Rendement attenduPlus élevéLégèrement plus bas
ComplexitéÉlevéeFaible
Nombre de décisionsNombreusesPeu nombreuses
Performance historiqueExcellenteBonne
Votre niveau de confianceMoyenÉlevé
Probabilité que vous le mainteniezIncertaineÉlevée

Lequel est le meilleur? Il n’y a pas assez d’information pour répondre mathématiquement à cette question. Mais il y a une question importante cachée dans ce tableau :

Que se passe-t-il si le Portefeuille A vous rend assez inconfortable pour l’abandonner?

Un portefeuille théoriquement supérieur que vous vendez au mauvais moment n’est plus supérieur. C’est pourquoi le comportement fait partie de la construction d’un portefeuille. Votre portefeuille n’est pas seulement un ensemble de rendements attendus et d’écarts-types — c’est quelque chose que vous devez réellement vivre au quotidien.


Vous n’avez pas besoin de gagner chaque comparaison

J’avais l’habitude de comparer les portefeuilles comme si investir était une compétition. Si le Portefeuille A avait un rendement historique plus élevé que le Portefeuille B, le Portefeuille A était « meilleur ».

Mais ce n’est pas vraiment ainsi que fonctionne l’investissement personnel. Imaginez que vous choisissiez un portefeuille mondialement diversifié, puis que vous découvriez un autre portefeuille qui aurait rapporté 0,5 % de plus par année sur une certaine période historique. Est-ce que ça rend votre portefeuille mauvais? Non — ça signifie qu’un autre portefeuille a eu un meilleur résultat historique sur cette période en particulier. C’est tout.

Vous n’avez pas besoin de battre tous les autres investisseurs. Vous n’avez pas besoin de détenir le FNB le plus performant chaque année. Vous avez besoin d’une stratégie qui vous donne une chance raisonnable d’atteindre vos objectifs, sans prendre plus de risque ou de complexité que vous êtes prêt à accepter.

Investir n’est pas une compétition contre tous les autres portefeuilles.

La difficulté de trouver constamment le gagnant

Même les investisseurs professionnels, avec des ressources et du temps considérables, peinent à identifier constamment ce qui va surperformer. Le bilan SPIVA Canada fin d’année 2025 de S&P Dow Jones Indices a révélé que plus de 85 % des fonds actifs canadiens ont fait moins bien que leur indice de référence en moyenne — une statistique abordée dans la partie 1, mais les données de persistance ici sont encore plus frappantes.

Parmi 169 fonds canadiens qui se trouvaient dans le quartile supérieur de leur catégorie à la fin de 2021, un seul est demeuré dans le quartile supérieur pour chacune des quatre années suivantes.

Ce n’est pas une preuve que les portefeuilles simples vont toujours surperformer. C’est une preuve qu’identifier les gagnants d’hier et s’attendre à ce qu’ils demeurent les gagnants de demain est difficile — ce qui devrait nous rendre tous un peu plus humbles quant à notre propre capacité à repérer d’avance le portefeuille « parfait ».


Alors, que devriez-vous réellement optimiser?

Au lieu de vous demander « quel placement pourrait améliorer mon portefeuille? » — demandez-vous « quelles parties de ma vie financière puis-je réellement améliorer? »

  • Taux d’épargne — vous contrôlez combien de nouvel argent entre dans votre portefeuille
  • Répartition d’actifs — détermine le niveau de risque que vous prenez
  • Diversification — réduit la dépendance envers un petit nombre de placements
  • Frais de placement — des frais plus bas laissent une plus grande part du rendement dans vos poches
  • Impôts — le choix des comptes et l’efficacité fiscale influencent ce que vous gardez réellement
  • Discipline — aide à prévenir les décisions émotionnelles
  • Temps investi sur les marchés — laisse les intérêts composés faire leur travail

Remarquez quelque chose? Trouver le prochain FNB n’est pas sur la liste. Ça ne veut pas dire que le choix des FNB n’a pas d’importance — il en a. Mais il y a un point où le bénéfice marginal de passer d’un bon placement diversifié à un autre devient très faible comparé à l’attention que ça exige.


« Assez bon » n’est pas un échec

Il y a quelque chose de psychologiquement inconfortable dans le fait d’accepter un portefeuille « assez bon ». On nous apprend à optimiser — le meilleur téléphone, la meilleure voiture, le meilleur taux hypothécaire. Alors pourquoi ne pas essayer de trouver le meilleur portefeuille?

Parce que l’investissement est différent. Il y a trop d’inconnues, et l’avenir est trop incertain. Un portefeuille peut être excellent sans être optimal. En fait, « assez bon » peut être un avantage en placement — s’il vous aide à rester constant.

Vous n’avez pas besoin d’améliorer constamment quelque chose qui fait déjà son travail.

L’objectif n’est pas de trouver le portefeuille qui a l’air le plus impressionnant sur papier. L’objectif est de trouver un portefeuille avec lequel vous pouvez réellement vivre.

Cette question — ce qui a changé pour moi, et à quel moment — s’est avérée être toute une histoire en soi. J’y reviendrai dans la partie 3.


Questions fréquentes

Est-ce que ça vaut la peine de changer si je trouve un FNB avec de meilleurs rendements historiques? Pas automatiquement. Les rendements passés ne prédisent pas les résultats futurs, et changer a son propre coût : plus de décisions, plus de place à l’erreur, et moins de certitude que vous allez réellement maintenir le nouveau choix.

Comment savoir si mon portefeuille est « assez bon »? S’il correspond à votre tolérance au risque, soutient vos objectifs, est raisonnablement diversifié, et que vous pouvez le maintenir pendant une baisse de marché sans vendre par panique — il est probablement assez bon, même s’il n’est pas théoriquement optimal.

Est-ce que ça veut dire que je ne devrais jamais revoir ou ajuster mon portefeuille? Non. Revoyez-le lorsque vos objectifs, votre tolérance au risque ou votre situation de vie changent réellement — pas simplement parce que vous êtes tombé sur une nouvelle stratégie ou une simulation historique plus intéressante.

Pourquoi si peu de fonds parmi les plus performants restent au sommet? Les marchés évoluent, et les conditions qui ont permis à une stratégie de surperformer persistent rarement indéfiniment. Les données de persistance de SPIVA montrent à quel point une surperformance soutenue est réellement rare, même chez les gestionnaires professionnels.


En résumé

Il y aura toujours un autre FNB, une autre stratégie, une autre répartition qui semble meilleure sur papier. Vous n’avez pas besoin de tous les posséder.

Bâtissez un portefeuille diversifié qui correspond à vos objectifs et à votre tolérance au risque, prenez les décisions importantes avec soin, puis donnez-vous la permission d’arrêter de chercher.

Bien investir, ce n’est pas nécessairement trouver le portefeuille parfait. Parfois, c’est savoir reconnaître quand vous avez trouvé un portefeuille assez bon.

Prochaine étape

Si ce n’est pas déjà fait, écrivez pourquoi vous avez choisi votre portefeuille actuel — votre répartition cible, vos raisons de l’avoir choisie, et les situations qui justifieraient un changement. Puis donnez-vous une règle :

Ne changez pas le plan simplement parce que vous avez trouvé quelque chose d’intéressant. Changez-le lorsque votre situation ou vos objectifs ont réellement changé.


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Sources et références

Avis de non-responsabilité: Cet article est présenté à des fins éducatives et informatives seulement. Il ne constitue pas un conseil financier, de placement, fiscal, juridique ou professionnel. Investir comporte des risques, y compris la perte possible du capital investi. Les rendements passés ne garantissent pas les résultats futurs. Les exemples et opinions présentés sont de nature générale et peuvent ne pas convenir à votre situation personnelle. Avant de prendre des décisions de placement, tenez compte de votre situation financière, de vos objectifs, de votre tolérance au risque, de votre horizon de placement, de votre situation fiscale et de vos connaissances en matière de placement. Si vous n'êtes pas certain de ce qui vous convient, envisagez de consulter un professionnel financier qualifié.

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